La boîte

Genre : comédie dramatique
texte Emmanuelle URIEN
avec Mira SIMOVA et Corinne JACQUET
mise-en-scène Frédéric JOLLIVET
durée : 1h15
Tout public à partir de 10 ans

Camille, cadre de haut niveau, vient d’être licenciée et revient une dernière fois dans son bureau pour le vider. Dans l’ascenseur qui l’emmène au 153e étage, elle croise Michelle qui monte pour son premier jour de travail. Quelques minutes vont suffire à Camille pour découvrir qu’elle se trouve face à sa remplaçante. Désespérée et furieuse, elle sabote l’ascenseur sur un coup de tête. Pendant la panne, elle va s’acharner à faire de Michelle la coupable de tous ses maux, mais celle-ci, qui joue son va-tout pour ce travail inespéré, ne se laisse pas faire. Après l’affrontement, vient cependant, dans un espace inattendu, le temps des vérités et des prises de conscience, les deux femmes vont se révéler l’une à l’autre, jusqu’à la chute. Un regard sans concession et non dénué d’humour sur le sens que chacun donne à la vie quand on se laisse enfermer dans des boîtes dont aucune n’est à notre taille.

Note de l'auteure :

J'ai écrit ce texte, sur mesure, pour ces deux comédiennes. Je voulais en faire une pièce féminine sans être féministe, un huis-clos plein d’action – quelque chose d’aussi paradoxal que l’être humain. Ces deux femmes enfermées dans un ascenseur sont aussi prisonnières d’une entreprise, d’un système, et de la marche d’un monde tout entier, où l’on attend de chacun qu’il entre dans des cases et qu’il se surpasse sans en dépasser, alors qu’au fond, nous sommes tous animés par les mêmes questions enfantines : est-ce qu’on m’aime ? Est-ce que je compte pour les autres, et combien ? Toutes ces émotions que la pression économique et sociale tend à nous faire réprimer, je voulais qu’elles émergent lors de cette rencontre, quitte à faire exploser les boîtes gigognes dans lesquelles Camille et Michelle sont enfermées.


Note du metteur en scène :
 
L'espace étant restreint et « le temps  suspendu », la dissimulation est impossible. Dans ce réduit métallique, se dévoilent brutalement deux femmes assujetties à leurs exigeantes ambitions professionnelles et personnelles. Deux femmes bloquées et grignotées selon elles par  une société archi glacée, farcie de vide et en carence – où la Jupe et les Talons sont des armes (?). Dans la pièce de Emmanuelle Urien, la « sauvagerie de la  Réussite » est poussée à son paroxysme. Camille et Michelle s'entre-dévorent jusqu'à baisser les armes sans pour autant les poser.
 
A l'écoute de la première lecture, j'étais très excité à l'idée de commencer à travailler pour créer une distanciation avec ce texte qui tempête. Un texte dru et direct – quasi métronomique qui ne sacrifie pas pour autant une interprétation nuancée, sensible et drôle et parce qu'il s'agit bien là d'une comédie dramatique, d'une fiction. Distanciation, indispensable selon moi pour ce travail ; afin de laisser surgir un certain humour, piquant et nerveux, puisé dans la fragilité, l'instabilité, « le terrible » de ces deux personnages sévèrement borderline.